Il y a 70 ans, l'Alsace libérée ! - André Ehm

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Cerbère de quantité d'archives personnelles émanant de son frère Albert, figure régionale marquante de l'après-guerre et ancien maire de Sélestat, André Ehm rèvèle et transmet ses souvenirs de l'épuration.

Le retour de l'Alsace à la France ne s'est pas effectué de la façon la plus harmonieuse... C'est ce constat qu'André Ehm s'emploie à démontrer tout au long des 240 pages de l'ouvrage qu'il vient de publier auprès de l'éditeur colmarien Auxilivre : « Il y a 70 ans, l'Alsace libérée. Que de défis à relever... » en donnant corps à dix années de gestation. Et une quantité astronomique de souvenirs...

« Cela permet de conserver une trace de ce que mon frère a entrepris »

André Ehm ne se positionne pas en tant qu'historien, tient-il à préciser, mais en tant que témoin privilégié de l'après-guerre, ayant en particulier assisté à de nombreuses reprises son frère Albert, homme politique et grand militant régional dans la reconstruction de la vie culturelle, éducative et sociale alsacienne, futur maire de Sélestat également.

L'abondante documentation laissée par Albert Ehm donne également à André toute légitimité pour étudier ces questions et remettre en exergue le rôle que ce dernier a joué durant cette période.

Dire que l'ouvrage est centré sur Albert Ehm serait toutefois erroné, même si André reproduit certains discours in extenso. « J'ai profité du 70e anniversaire de la libération pour aborder tous les problèmes posés à l'époque par le retour de l'Alsace à la France, en brossant un tableau assez large et en m'investissant en tant que témoin particulièrement concerné à l'époque... », décrit le chercheur sélestadien. « Quant à mon frère, cela permet de conserver une trace de tout ce qu'il a entrepris, même si je ne traite pas de l'homme politique dans cet ouvrage. »

Passé le retour sur le contexte et la libération, André Ehm convoque la prose de Germain Muller, l'auteur dramatique, acteur et chansonnier bien connu, lorsque celui-ci énumère les nouvelles catégories dans lesquelles on pouvait lister les Alsaciens à l'issue de la guerre : «ceux qui ont collaboré, ceux qui n'ont pas collaboré, ceux qui ont collaboré parce qu'obligés de collaborer, ceux qui ont cru devoir collaborer, ceux qui y ont cru, ceux qui ont été obligés d'y croire, etc... »

« L'épuration, qui a été plus difficile à mettre en oeuvre en Alsace que dans le reste de la France en raison de son statut de région annexée, a laissé des zones d'ombre car de nombreuses injustices ont été commises », rappelle André Ehm, qui cite le cas d'un agent de la ville, obligé de porter l'uniforme pour ne pas perdre son emploi, et qui a été ostracisé à la libération... « A l'époque, cette épuration ne me froissait pas, ces gens devaient payer, mais avec le recul, je pense qu'il y a eu trop d'injustices. »

L'épuration sauvage, les camps d'internement, les condamnés à mort et la méfiance générale, autant d'aspects méconnus de l'après-guerre qui font contrecoup à la liesse de la libération, sont évoqués dans l'ouvrage. André Ehm revient en particulier sur «le réemploi» du camp de concentration du Struthof pour interner les suspects. «Ce fut une grave erreur, car un amalgame a été fait rapidement entre la répression nazie et la répression française en 1945», selon l'historienne Christine Kohser, citée par l'auteur.

Il évoque également la difficile condition des prisonniers de guerre allemands. Près d'un million d'entre eux a été réquisitionné pour reconstruire le pays jusqu'en 1948. «On les voyait, mais on ne connaissait pas leur situation». Or il cite le cas de prisonniers parqués à Rathsamhausen, près de Muttersholtz, dont 17 sur un effectif de 180 étaient seulement en mesure de travailler, en raison d'un manque de nourriture. En 1945, le journal « Le Nouvel Alsacien » écrivait, un brin provocateur : « si on veut les tuer, il n'y a qu'à les laisser dans leurs camps, privés de nourriture, à moins qu'on utilise les fours crématoires... »

Vae Victis, malheur aux vaincus. Pour ces oubliés de l'histoire, point de devoir de mémoire. Cette invocation si souvent psalmodiée a-t-elle jamais franchi les portes de ces camps pour défendre le souvenir des prisonniers allemands, qui ont, eux aussi, versé leur amère contribution ?

André Ehm revient également très largement sur l'acculturation française qui était de mise après la libération. Des réflexions qui rencontrent aujourd'hui un certain écho dans les questions d'actualité...

« Encore une dimension qui a été mal perçue : on a voulu supprimer l'enseignement de l'allemand, avant de le considérer comme une langue étrangère alors qu'une majorité de la population le parlait. On lui a aussi amalgamé le dialecte, considéré comme la langue du Boche... C'était pourtant une hérésie que de chercher à réduire la voilure de l'enseignement allemand lorsqu'on habite juste à côté... Pour Paris, tout ce qui avait trait à l'Allemagne, c'était du nazisme. Alors que les Alsaciens restaient favorables à l'enseignement de l'alllemand. »

Albert Ehm, alors professeur de philosophie, avait pris position en faveur de l'enseignement de l'allemand. A travers Radio Strasbourg, notamment, il s'est battu treize années durant pour redonner ses lettres de noblesse à la chose allemande, avec d'autant plus de rage que Paris imposait des lois inadaptées au cadre régional par des hauts-fonctionnaires qui ne faisaient que des passages éclairs en Alsace...

Mais André Ehm n'en conserve aucune aigreur. « Le message que j'adresse à travers cet ouvrage, c'est d'insister pour que de telles choses ne se reproduisent plus, ce qui ne peut pas s'envisager dans un contexte de liberté totale tel qu'on le vit actuellement en Europe. »

C'est justement sur l'Europe qu'André Ehm conclut son oeuvre. L'Europe qui a comblé le fossé avec l'Allemagne. L'Europe pour laquelle Albert Ehm a milité en faveur d'un institut de culture européenne, en vain. Mais l'Europe est une autre histoire...

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